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Interview de Jocerand

RED : Cette année, tu participes au Méjannes du Rire 6. Est‑ce important pour toi de concourir dans la catégorie des jeunes talents ?

JOCERAND : « Pour moi, sincèrement, j’adore les défis. On dit toujours qu’on n’a qu’une vie, alors il faut en profiter, il faut oser. C’est ma philosophie. J’aime le goût du risque, parce que sans lui, on ne réalise rien. Il vaut mieux risquer que regretter. »

RED : Le fait de jouer deux fois quinze minutes, juste avant un grand humoriste, est‑ce un défi supplémentaire ?

JOCERAND : « Depuis mes débuts à 19 ans, c’est toujours un plaisir. Aujourd’hui, avec 11 ans d’expérience, je sais que j’ai encore du travail devant moi, mais offrir mon travail au public reste un immense bonheur. Mon professeur au lycée Gallieni me disait : “Quand on travaille dur, on est toujours récompensé.” Faire deux passages différents en deux soirs, faire rire le public, leur apporter une bouffée d’oxygène pour qu’ils rentrent chez eux en se disant : “Cet humoriste m’a fait du bien.” C’est tout ce que je veux. »

RED : Avoir l’expérience d’Anthony Joubert ou d’Anthony Kavanagh autour de toi, est‑ce important dans un festival comme celui‑ci ?

JOCERAND : « Anthony Joubert, je le connais très bien : je fais sa première partie aux arènes de Palavas-les-Flots le 23 août, une grande salle. Quant à Anthony Kavanagh, cela va me faire un certain effet : je le vois depuis des années. Amed Silla m’avait déjà impressionné, alors Anthony Kavanagh… ce sera un grand souvenir et un beau moment de partage. Dans ma vie, j’ai sué sang et eau pour côtoyer des grandes pointures comme lui. »

RED : Connaissais‑tu le festival du Méjannes du Rire avant d’y participer cette année ?

JOCERAND : « Oui, je l’avais vu sur Internet. J’avais déjà candidaté, mais je n’avais pas été retenu. Ce sont les aléas du milieu… et du Covid. Cette année, c’est Anthony Joubert et sa production qui m’ont dit : “On te veut sur les MDR 6.” J’ai fait de nombreuses premières parties de grands humoristes, dont Anthony Joubert. Tous m’ont dit que j’avais le potentiel pour ce type de festival, mais qu’il faudrait travailler dur. Ils savent ce que je vaux, et ils me font confiance. »

RED : Le lauréat revient l’année suivante avec son one‑man‑show dans une grande salle offerte par le concours. Est‑ce un privilège ?

JOCERAND : « Je vais concourir avec deux autres humoristes. Mon but, c’est de prendre un maximum de plaisir avec le public. Le lauréat, c’est le public qui le décide. Moi, je veux juste donner le meilleur de mon talent. Le talent, c’est le travail ; le travail, c’est la persévérance ; et la persévérance, c’est la détermination. »

RED : Le festival attire de plus en plus de professionnels, de médias papier et web. Beaucoup demandent si tel humoriste peut venir jouer en France. Participer au Méjannes du Rire peut ouvrir de belles portes ?

JOCERAND : « Le prix, c’est juste une ligne de plus dans mon CV. L’hôtel des Remparts à Villeneuve-sur-Lot m’a dit : “Dans les concours, le but, c’est de se faire reconnaître pour être recontacté ensuite. C’est ça, le tremplin d’une carrière.” Si on est bon dans plusieurs festivals — Avignon, etc. — ça marque. J’ai une anecdote : j’ai fait le tremplin Rions sur Scène à Brive-la-Gaillarde en 2019. Le jury m’avait dit : “Si tu perds, on te reprendra en 2024.” Le staff m’a recontacté en me disant : “Tu avais gagné en 2019, tu reviens.” Alors que je n’avais pas gagné ! Mais ils se souvenaient de moi, et ça, c’est super important. »

 Le questionnaire de Proust à la Provençale

FRED : Le défaut dont tu aimerais te débarrasser ?

JOCERAND : « Trop penser. Mes parents me disent toujours : arrête de trop penser, ose, agis. Je n’ai pas d’idoles : mes parents sont mes exemples. »

FRED : La qualité que tu aimerais avoir ?

JOCERAND : « Être plus régulier. »

FRED : La personne vivante ou décédée que tu aimerais rencontrer ?

JOCERAND : « Mes grands‑parents, car c’est grâce à eux que j’ai mes merveilleux parents. »

FRED : Si ta maison brûle, que sauves‑tu en premier ?

JOCERAND : « Si ce sont des personnes, j’attends que toute ma famille sorte. »

FRED : À qui aimerais‑tu dire pardon ?

JOCERAND : « À une équipe de tournage à Marseille. Quelque chose s’est mal passé, et je leur ai manqué de respect. »

FRED : Si tu étais un animal ?

JOCERAND : « Un rhinocéros. »

FRED : Une couleur ?

JOCERAND : « Bleu. »

FRED : Un des quatre éléments ?

JOCERAND : « L’air, parce que j’aime donner une bouffée d’oxygène au public. »

FRED : Plutôt PAC à l’eau ou piscine ?

JOCERAND : « Piscine. »

FRED : Ricard ou Pastis 51 ?

JOCERAND : « Aucun, je ne bois pas d’alcool. »

FRED : Campagne ou Paris ?

JOCERAND : « Paris, c’est magique. »

FRED : À Avignon, plutôt place de l’Horloge ou rooftop du Toit de l’Europe ?

JOCERAND : « Le toit de l’hôtel. »

FRED : Cigales ou silence ?

JOCERAND : « Silence. »

FRED : Dans quel lieu aimerais‑tu jouer quand tu seras une grande pointure ?

JOCERAND : « Le Zénith serait déjà quelque chose de grand pour moi. »