Laisse-moi partir

Pitch:
Et si partir était parfois la meilleure solution ?
Dans la maison de campagne familiale, Matthieu décide en pleine nuit de prendre sa vie en main : il veut partir. Sa mère et sa sœur ne comprennent pas ses réelles motivations. Et si cette décision n’était finalement qu’un prétexte pour quelque chose de bien plus important, au point de le cacher à sa famille.
Entre rires et larmes, Laisse-moi partir est une aventure touchante, pleine d’espoir sur une famille qui ressemble à la nôtre.
Avis de la rédaction:
Quand partir devient un acte d’amour
Il y a des pièces qui abordent les sujets difficiles avec gravité, d’autres avec pudeur. Et puis il y a “Laisse moi partir”, écrite et interprétée par Romain Poli, qui choisit une voie plus rare : celle de la délicatesse, de l’humour, et de la vérité nue. Dans la maison familiale, au cœur d’une nuit qui ressemble à toutes les nuits où l’on n’ose pas dire ce qui brûle, Matthieu décide de partir. Mais partir, ici, n’est pas fuir : c’est révéler.
Autour de lui, sa mère (Christine Gagnepain) et sa sœur (Cécile Coves) tentent de comprendre.
Elles questionnent, elles s’accrochent, elles s’inquiètent, comme le ferait n’importe quelle famille confrontée à un geste qui semble soudain, mais qui cache une vérité plus profonde. Le texte de Romain Poli touche juste à la maladie, les maladresses et les pudeurs qui empêchent de dire ce que l’on pense, les mots qu’on retient trop longtemps et l’amour qui persiste malgré tout.
Ce sont des thèmes lourds, universels, que chacun a croisés un jour. Et pourtant, la pièce ne s’effondre jamais sous leur poids. Elle avance avec une grâce rare. C’est exactement ce que réussit “Laisse‑moi partir”, faire cohabiter l’humour et la douleur, sans jamais trahir l’un ou l’autre. Le rire devient un refuge, une respiration, un moyen de dire l’indicible. L’émotion, elle, surgit sans pathos, sans excès, simplement parce qu’elle est vraie.
Le trio fonctionne à merveille. Romain Poli porte son texte avec une sincérité bouleversante. Cécile Coves apporte une énergie lumineuse, une présence qui équilibre les tensions. Christine Gagnepain incarne une mère comme on en connaît tous : maladroite, aimante, dépassée, mais profondément humaine. Les trois comédiens jouent juste, simple, vrai. Rien n’est forcé, rien n’est surjoué.
On sent la famille, la vraie, celle qui se débat avec ses peurs et ses silences.
La mise en scène d’Aurélie Camus est un écrin. Épurée, précise, pensée pour laisser respirer le texte et les acteurs. Elle accompagne, elle soutient, elle éclaire, sans jamais prendre le dessus. Chaque geste, chaque distance, chaque silence est choisi pour amener le public à une introspection profonde. On se surprend à se demander :
Et nous, à leur place… le laisserions nous partir ?
“Laisse‑moi partir” parle de la maladie, de la famille, de la vie qui s’effiloche et de celle qui continue malgré tout.
Mais surtout, elle parle d’amour. Un amour imparfait, maladroit, mais tenace. On en ressort des émotions, des questions, et une forme de douceur inattendue.
C’est une pièce qui fait du bien, même quand elle fait mal. Une pièce qui réconcilie, qui répare, qui ouvre.
Un très beau moment de théâtre. À découvrir absolument.
Info utiles:
Théâtre de l’Espace St Martial, rue Jean Henri Fabre
Du 4 au 25 juillet, relâche les dimanche
A 19h20
Numéro de réservation : 04 86 34 52 24
Tarifs : 20€, carte off : 14€ et réduit 12€**
