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Mon Cowboy

Pitch:

Mon Cowboy, tu aurais pu me tuer, tu m’as laissé vivre..
Il est temps que je te présente à tout le monde.

Mon Cowboy, je te chéris et parfois te déteste. Tu aurais pu me tuer, tu m’as laissé vivre.
Tu es devenu un allié.. Tu m’as donné une force Herculéenne. Mais tu auras toujours ta part d’ombre. Je ne veux plus craindre ton poids et ta menace. Je veux ma liberté absolue.
Je n’écrirai pas le mot que tu représentes, ce mot qui fait peur à tout le monde, mais on pourra le deviner. A la seconde où l’on m’a annoncé que j’avais ce mot, je t’ai vu toi, mon Cowboy se dresser à côté de mon médecin. Mon imaginaire venait me sauver. 
Il est temps aujourd’hui que je te présente à tout le monde. Que je raconte notre histoire.. 

Avis de la rédaction:

Mon Cowboy s’impose comme un spectacle qui intrigue avant même d’avoir commencé. La rédaction voulait comprendre pourquoi cette pièce de Clémentine Célarié remplissait autant : est‑ce l’aura de la comédienne ? Est‑ce l’histoire du lieu, si singulier dans le paysage avignonnais ? Pour le savoir, il fallait y être. Une place décroché in extremis, on s’assoit, on regarde — et très vite, on comprend.

La mise en scène frappe immédiatement par son intelligence. Sur le plateau, on découvre une construction scénique qui évoque à la fois la représentation d’une vie — celle de Guy de Maupassant — et les coulisses qui, au fil du récit, deviennent des lieux multiples, mouvants, presque vivants. Cette alternance entre scène et hors‑scène crée une respiration rare, un va‑et‑vient qui donne au spectacle une profondeur inattendue. Et puis il y a lui : le Cowboy. Toujours là, à rôder. Une présence qui n’est jamais appuyée, mais qui plane, comme une ombre, comme une menace, comme la mort qui attend son heure pour faucher des corps et des âmes. Il devient le symbole de ce qui guette, de ce qui ronge, de ce qui finit toujours par revenir.

L’âme de Clémentine Célarié, elle, est une vieille âme — non pas par l’âge, mais par les combats, les épreuves, les renaissances qui l’ont façonnée. Cela se ressent dans sa mise en scène : efficace, sans chichi, sans surcharge. Elle va droit au cœur du texte, droit à l’essentiel. Le jeu des seconds rôles est magistral, précis, habité, donnant au récit une densité qui dépasse le simple seul‑en‑scène. On sent une troupe, une présence collective, même lorsque le plateau semble vide.

Le spectacle avance comme une traversée intérieure, un voyage où l’on se reconnaît plus ou moins, parfois malgré soi. Le Cowboy, Maupassant, la Vie, la Mort, les rémissions, les illusions, les combats : tout se mêle, tout se répond. Et l’on ressort avec cette sensation rare d’avoir assisté à un moment suspendu, un théâtre qui ne cherche pas à plaire mais à dire, à montrer, à toucher.

Le seul « mais », s’il faut en trouver un, tient à l’espace. Dans un lieu plus intimiste, la pièce aurait sans doute dégagé une aura différente, peut‑être plus enveloppante encore. Mais cela n’enlève rien à la force du spectacle, ni à l’adhésion totale du public : une standing ovation, longue, chaleureuse, pour saluer la comédienne, mais aussi la femme — celle qui, dans ses rêves comme dans la réalité, est une grande et belle personne, et une très grande et immense comédienne.

Info utiles:

Théâtre Du Chien qui fume, rue des teinturiers

Du 4 au 25 juillet, relâche les mercredis

A 18h05

Numéro de réservation : 04 84 51 07 48

Tarifs : 23€, carte off : 16€