Délivrez nous

Pitch:
Peut-on se libérer d’un passé que l’on n’a pas choisi ?
1995 — Un incendie éclate aux abords d’un Mémorial de la Résistance et de la Déportation.
Sophie et Ludo se retrouvent enfermés, contraints de rester ensemble.
Deux héritiers. Deux histoires irréconciliables. Une nuit pour faire face.
Elle est petite-fille de résistants.
Lui, fils d’un officier SS.
Tout les oppose. Ils n’ont pourtant qu’un choix : se parler.
Dans ce huis clos, les silences brûlent autant que les mots.
Dans l’urgence, les certitudes vacillent.
La parole devient une nécessité vitale.
Entre révélations et tentatives d’apaisement, leur face-à-face devient une traversée intime de l’Histoire.
« Délivrez-nous » explore la mémoire, la culpabilité et la possibilité d’un dialogue — jusqu’à esquisser une possible délivrance d’un passé qui n’est pas le leur.
Avis de la rédaction:
La création portée par Déborah Elmalek et David Brécourt s’impose dès les premières minutes comme une proposition théâtrale d’une rare intensité. Le texte, d’une finesse remarquable, explore les zones d’ombre de la mémoire familiale et les héritages qui façonnent nos identités. Sur scène, les deux comédiens livrent un duo d’une grande justesse, où chaque silence, chaque respiration, chaque regard participe à la tension dramatique du huis clos. Le public est rapidement happé par cette rencontre improbable entre deux êtres que tout oppose, mais que l’Histoire oblige à se confronter l’un à l’autre.
Si la pièce séduit par la puissance de son texte et la qualité de son interprétation, il faut souligner, que la scène du Buffon, plus vaste et ouverte, atténue parfois l’intimité que requiert ce huis clos. La mise en scène, pensée pour un espace resserré, gagnerait en densité émotionnelle dans un lieu plus confiné, où la proximité avec les comédiens renforcerait encore la tension dramatique. Mais rassurez vous nous sommes un brin tatillon.
D’ailleurs, les spectateurs, eux, ne s’y trompent pas. Beaucoup saluent un huis clos d’une grande intensité, porté par une écriture sensible et profondément humaine. Déborah Elmalek imagine une rencontre bouleversante entre la petite-fille de résistants et le fils d’un officier SS, contraints de faire face ensemble à leur histoire familiale. La pièce interroge avec une grande finesse notre rapport à la mémoire, à la culpabilité héritée et à la possibilité du dialogue.
Sur scène, Déborah Elmalek et David Brécourt livrent deux interprétations d’une précision remarquable. David Brécourt campe un Ludo tellement atypique et bouleversant. Ce grand comédien vient ici nous prouver qu’il est capable de bien des artifices pour donner vie à ses personnages. Leur duo, intense et délicat, s’appuie sur une mise en scène volontairement sobre, qui laisse toute la place au texte et aux émotions. Il s’agit d’une pièce forte, nécessaire et profondément émouvante, un véritable coup de cœur qui rappelle que le théâtre peut encore ouvrir des espaces de dialogue sur les blessures de l’Histoire.
Une proposition puissante, intelligente et sensible, qui mérite pleinement sa place dans la programmation du festival.
Info utiles:
Théâtre Buffon, quartier Luna, rue buffon
Du 4 au 25 juillet, relâche les jeudis 9 et 16
A 19h50
Numéro de réservation : 04 12 29 01 24
Tarifs : 25€, carte off : 17.50€
