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Pulpit

Pitch:

Un duo sensoriel mêlant danse contemporaine, hip-hop et texte, révélant la peau comme mémoire vivante.

Dans ce duo chorégraphique, la peau devient le point de contact entre l’intérieur et l’extérieur, entre nos souvenirs et le présent.
La pièce interroge la peau comme matière première du lien, de la mémoire, de la sensation.
Pensée comme frontière, surface d’échange, elle est abordée dans toute sa complexité. C’est une peau qui traverse les années, qui garde les cicatrices, qui s’imprègne des événements, qui a connu les intempéries du corps et de l’existence. Elle porte des histoires enfouies, des empreintes laissées par le temps, par les autres.

La chorégraphie repose sur une écoute, une recherche du toucher, de porosité entre les corps. Les deux danseurs évoluent dans une attention constante à ce qui les relie, à ce qui les sépare, à ce qui circule entre eux.

Le texte joue un rôle fondamental aux travers de fragments poétiques enregistrés. Il n’illustre pas le mouvement, il l’accompagne, le trouble parfois, ou en prolonge la résonance. Ces textes évoquent la peau, la chair, les plis du corps et de la pensée, les affects qui y sont logés comme une mémoire qui s’infiltre ou une voix intérieure qui persiste.

L’univers visuel est épuré et chaleureux. Un travail précis de lumière sculpte les contours des corps, révèle les textures de la peau, crée des zones d’apparition et de disparition.

Pulpit est une expérience sensorielle à deux voix, deux peaux, deux souffles.
Ces deux enveloppes corporelles se dévoilent, s’étalent et nous rappellent que nous sommes palpables.
Nous sommes invités à ressentir, à explorer sans conditions.

Avis de la rédaction:

Au Théâtre Golovine, Pulpit s’impose comme une expérience chorégraphique rare, un moment suspendu où la danse se fait peau, souffle et sensation. Cette performance, d’une fluidité remarquable, explore l’un de nos sens les plus intimes — le toucher — et en fait le moteur d’un récit silencieux, tactile, presque secret. Ici, le geste ne décrit pas : il ressent. La peau devient territoire, mémoire, frontière et passage, et chaque mouvement semble naître d’un frémissement, d’une vibration qui circule entre les interprètes et le public.

Comme dans XPM, où la compagnie Carpe Rhythmum transformait le Temps en matière chorégraphique, Pulpit  transforme le fait du toucher en une  matière chorégraphique, un langage à part entière. La danse ne se contente pas d’être vue : elle se perçoit, elle se devine, elle se reçoit. Les interprètes construisent un univers où chaque contact raconte une histoire, où chaque rapprochement devient une phrase, où chaque effleurement ouvre une porte vers une émotion enfouie. La narration est là, discrète mais omniprésente, portée par des corps qui savent dire sans parler.

La scénographie, volontairement épurée, laisse toute la place à cette exploration sensorielle. Rien ne distrait, rien ne détourne : l’espace devient un écrin pour la peau, pour la proximité, pour la délicatesse. Les lumières sculptent les gestes, révèlent les textures, amplifient les respirations. On retrouve cette même intelligence de l’espace que dans XPM, où la lumière et le son accompagnaient la virtuosité rythmique ; ici, ils enveloppent la danse d’une douceur presque hypnotique.

La performance est fluide, organique, d’une grande finesse. Les danseurs avancent, se frôlent, se rencontrent, se repoussent, se retrouvent, comme si leurs corps cherchaient à comprendre ce que signifie toucher et être touché. Il y a dans Pulpit une poésie discrète, une tendresse assumée, une manière de dire que la peau n’est pas seulement une surface mais un lieu de passage, un espace de mémoire, un capteur d’émotions. On assiste à une immersion sensorielle totale, où le spectateur se surprend à ressentir physiquement ce qu’il voit.

Ce qui frappe, c’est la sincérité. Rien n’est forcé, rien n’est démonstratif. Pulpit avance avec une authenticité rare, une douceur qui n’exclut jamais la puissance. C’est un spectacle qui ne cherche pas à impressionner, mais à toucher — littéralement et symboliquement. Et il y parvient avec une grâce qui marque durablement.

Pulpit est un instant suspendu, une parenthèse chorégraphique où la peau devient langage et où le toucher se fait récit. Une performance délicate, sensible, profondément humaine. On en ressort apaisé, ému, et avec l’envie de prolonger encore ce moment de danse qui, comme un murmure, reste longtemps sur la peau.

Info utiles:

Théâtre le Golovine, rue Sainte Catherine

Du 4 au 24 juillet, relâche les lundis

A 21h30

numéro de réservation : 04 90 86 01 27

tarifs : 19€, carte off : 13€