Un Fil à la Patte
Pitch:
C’est l’histoire d’un homme qui ne sait jamais comment se sortir des situations chaotiques dans lesquelles il se met.
Fernand de Bois-d’Enghien est l’amant de Lucette et il se marie ce soir avec Viviane. Lucette ne le sait pas mais comment le découvrira-t-elle ?
Le Général Irrigua vient conquérir le cœur de Lucette. Marceline aime le Général Irrigua mais il n’a d’yeux que pour sa sœur.
La Baronne Duverger est très heureuse du mariage de sa fille avec Bois-d’Enghien mais a-t-elle vraiment tout prévu ?
Bouzin erre au milieu de ce chaos cherchant à se faire comprendre.
Avis de la rédaction:
Il y a des aventures théâtrales qui naissent d’un élan, d’une envie simple, presque naïve, et qui finissent par prendre une ampleur inattendue. La Compagnie Barak est de celles-là. En septembre 2025, Max Baraké décide de monter Un fil à la patte de Georges Feydeau en trois semaines, avec neuf camarades de la Classe Libre 44. Dix jeunes artistes entassés dans vingt mètres carrés, travaillant autour d’une table, lisant, répétant, s’amusant, se découvrant. Le projet devait être un dernier plaisir partagé avant de quitter l’école, un spectacle tout public pour célébrer la fin d’un cycle. Mais la joie de jouer, l’énergie du groupe et l’accueil du public ont transformé cette parenthèse en véritable aventure.
La pièce, fidèle à l’esprit de Feydeau, repose sur une énergie débordante, un rythme soutenu, une complicité évidente entre les comédiens. On y retrouve ce plaisir communicatif du vaudeville, cette mécanique du rire qui fonctionne d’autant mieux qu’elle est portée par une jeunesse fougueuse.
Mais cette modernité assumée ne fait pas l’unanimité. Les costumes années 60/70, les touches contemporaines, les interventions rap et slam qui assurent les transitions de décor donnent parfois l’impression d’un décalage stylistique. Certains spectateurs trouvent que ces choix, bien que créatifs, ne s’accordent pas toujours avec la mécanique classique du vaudeville. La mise en scène, vive et inventive, peut paraître un peu trop moderne par moments, comme si deux esthétiques se superposaient sans toujours se fondre.
Pour autant, la sincérité de la troupe, son engagement, sa cohésion, emportent largement l’adhésion. On sent une bande de jeunes artistes qui s’amuse, qui ose, qui tente, qui cherche. Et c’est peut-être là que réside la force de cette proposition : dans cette liberté, cette audace, cette envie de revisiter Feydeau sans le figer dans son époque. La pièce n’est pas parfaite, mais elle est vivante. Elle respire, elle rit, elle trébuche parfois, mais elle avance avec une énergie communicative.
Nous y sommes allés par hasard, et franchement, aucun regret. Bravo à cette jeune troupe pour cette belle interprétation, pour cette générosité, pour cette joie de jouer qui traverse la salle. Un fil à la patte version Barak n’est peut-être pas un Feydeau classique, mais c’est un Feydeau vibrant, porté par une jeunesse qui n’a pas peur de bousculer les codes. Et dans le Off, cette audace-là mérite d’être saluée.
Info utiles:
Théâtre des Corps Saints, angle place des corps saints et Avenue Lattre de Tassigny
Du 4 au 25 juillet, relâche les jeudis
A 21h55
Numéro de réservation : 04 84 51 25 75
Tarifs : 20€, carte off : 14€ et enfant : 8€**
