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interview de Tex parrain des #MDR6

REC : Cet été, vous avez joué au Festival Off d’Avignon dans la pièce Théâtre à vendre, avec Juliette Degenne et Denis Cherer. Quel accueil le public a-t-il réservé à cette pièce ?

TEX : L’accueil a été correct. Je sais que vous êtes venu la voir : elle a bien fonctionné. C’est une pièce très particulière, et nous avons été « coup de cœur » pour Télérama. Pour que les pièces de théâtre vivent, il faut trouver des lieux pour les jouer, et Avignon reste un marché qui est en train de s’écrouler, comme beaucoup de choses en France… La fréquentation était en baisse, et nous étions en plus en pleine canicule.

REC : Les théâtres sont de plus en plus chers, et la vie autour du festival est excessivement coûteuse. En face, les comédiens ont des pièces à défendre, et on se retrouve dans un microcosme : c’est très difficile.

TEX : Je désirais que cette pièce ait une existence à Avignon après avoir été jouée à Paris, et maintenant nous avons une petite tournée.

REC : Qu’est-ce qui vous a poussé à être le parrain du MDR #6 ?

TEX : Je suis à l’origine de ce festival. Ils m’avaient coopté pour être le parrain de la première édition, et c’est moi qui les ai poussés à en faire un festival, à dépasser la simple « soirée de l’humour ». Et comme j’avais un peu de temps libre, je me suis dit : je vais aller voir ce que devient mon bébé pour la sixième année.

REC : Nous, qui faisons partie du staff, on voit que d’année en année, il y a de moins en moins de jeunes novices et de plus en plus de jeunes pros.

TEX : Pour rebondir sur ta remarque, on a quatre catégories d’humoristes :

  • catégorie 1 : celui qui aime faire rire dans le café du coin ;
  • catégorie 2 : quelque chose de plus pointu ;
  • catégorie 3 : les humoristes choisis par des professionnels ;
  • catégorie 4 : les festivals du rire internationaux, où l’on choisit les meilleurs des catégories 1, 2 et 3. Donc, à terme, on pourrait arriver en catégorie 3.

REC : En effet, on a vu la bascule se réaliser au MDR 4. Le lauréat a un an pour nous présenter, le dimanche après-midi, son one-man-show ; les autres repartent avec une interview à ajouter à leur dossier de presse et un panier de cadeaux, qui fera qu’ils se rappelleront toute leur vie de leur passage à Méjannes-le-Clap.

TEX : Ça les met au pied du mur, et j’ai toujours souhaité que le jury soit composé de professionnels, de semi-pros et du public. Le plus important pour un comédien ou une comédienne, c’est que son agenda soit plein.

REC : Comment perçois-tu le fait de venir en tant que parrain ? Aurais-tu aimé, quand tu étais jeune, participer à ce type d’exercice ?

TEX : On l’a fait pour moi, donc c’est une façon de rendre la monnaie de ma pièce. J’ai commencé par un festival à Tournon-sur-Rhône, qui est passé de la catégorie 1 à 4, et tous ceux qui gagnent ce festival sont déjà dans la carrière. Je rends ce que l’on m’a donné : j’ai eu la carrière du jeune humoriste qui faisait le tour des cabarets et des festivals pour se frotter aux autres humoristes comme Dupontel, Dany Boon, Laurent Gerra, Palmade ou Anne Roumanoff.

REC : J’aime quand un artiste vient et dit : « Je viens donner l’aura que l’on m’a donnée, tendre la main ». Ce sont des choses rares et intéressantes.

TEX : On a besoin, dans sa vie, de transmettre : c’est quasiment obligatoire, même fondamental. On ne peut pas vivre sur un trésor.

REC : Avec la carrière que tu as, penses-tu que l’on peut rire de tout et avec tout le monde ?

TEX : C’est ce que je dis aux jeunes humoristes : arrêtez de vous mettre des barrières. On peut rire de tout, on ne doit rien s’interdire, même si la société actuelle nous interdit beaucoup de choses. L’histoire de Charles Sapin, c’est de la pure censure ; en plus, elle vient de l’intérieur : « Il n’a pas le droit de parler ainsi sur notre antenne ». C’est terrible…

REC : C’est une autocensure totale.

TEX : Qui arrive du fait que personne ne réfléchit à l’idée d’enfermer des personnes dans ce type de prison. Tous les humoristes ont peur de tomber dans cette casse-prison. Sur les chaînes de radio, en signant cette « charte » de bonne conduite en année électorale, on supprime la liberté d’expression. Tout ce que l’humoriste a le droit de dire, les personnes de radio n’ont plus le droit de le dire. Ils sont dans une prison dorée qui va se refermer sur eux. Le divertissement est fondamental pour tous, et oui : on peut rire de tout et avec tout le monde.

REC : Quelles sont les grandes dates que tu peux nous donner ?

TEX : Je suis toujours sur la route : Lyon, puis la Suisse pour Le coup de la cigogne ; Théâtre à vendre tourne dans un milieu différent des autres pièces. Je suis en pleine création d’une nouvelle pièce de théâtre qui devrait se clore d’ici la fin de l’année, et je remodèle un one-man-show à l’ancienne.

REC : J’aime ce franc-parler de « monsieur tout le monde » qui vient parler et propager le rire.

TEX : Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

Retrouver Tex dans sa création théâtre à vendre

Questionnaire de Proust à la provençale

REC : Quelle musique te met en joie ?

TEX : Pierre Vassiliu.

REC : Quel est le défaut dont tu aimerais te débarrasser ?

TEX : Moi. Mais c’est mon moteur en même temps.

REC : Quelle est la qualité que tu aimerais avoir ?

TEX : Être plus travailleur.

REC : Quelle est la personne vivante ou décédée avec qui tu aimerais passer une soirée ?

TEX : Jean-Marie Bigard.

REC : Quel est le compliment que tu détestes que l’on te fasse ?

TEX : « Comment ça se fait que vous n’êtes pas plus connu ? »

REC : As-tu une phobie ?

TEX : Non.

REC : Si ta maison brûle, que sauves-tu en premier ?

TEX : Ma peau.

REC : As-tu un lieu préféré à Avignon ?

TEX : La place des Corps-Saints.

REC : Si tu étais un prix ou une récompense, tu serais…

TEX : Un Molière.

REC : À qui aimerais-tu dire pardon ?

TEX : À tout le monde, car l’humour peut blesser tout le monde.

REC : Un animal ?

TEX : Un élan, le caribou québécois.

REC : Une couleur ?

TEX : Le bleu des mers du Sud : indigo.

REC : Un des quatre éléments ?

TEX : Le feu.

REC : Un lieu où tu aimerais jouer ?

TEX : Le Sporting, à Monaco.

REC : Ton lieu de vacances idyllique ?

TEX : Les Antilles, Saint-Martin.

REC : PAC à l’eau ou piscine ?

TEX : Les deux.

REC : Ricard ou Pastis 51 ?

TEX : Ricard (moresque à la paille).

REC : Campagne ou Paris ?

TEX : Campagne.

REC : Plutôt place de l’Horloge ou Rooftop de l’Europe ?

TEX : Les deux.

REC : Cigale ou silence ?

TEX : Cigale.