Interview de Lisa Mapola

REC : Dans ton parcours de comédienne, quelles sont les ambitions qui te poussent à participer au concours des Jeunes Talents ?
Lisa : Je suis humoriste avant d’être comédienne. Je suis comédienne au sens large, aussi bien sur scène que devant une caméra. J’ai commencé le stand‑up il y a cinq ans. Je mène mon petit bout de chemin dans l’humour, j’aime toujours ça, et c’est mon métier aujourd’hui. J’ai eu la chance de partager un plateau avec Anthony Joubert il y a quelques mois. On s’est bien appréciés, on a mangé un bout ensemble. Ce que j’aime dans le stand‑up, c’est que cela permet de rencontrer des personnes et de partager des moments sur scène et hors scène. Quelques jours après, il m’a envoyé un message pour m’inviter. Je connaissais la personne, mais pas encore les tenants et aboutissants du festival. J’ai pensé que ce serait un moment sympa.
REC : En effet, on passe un festival très sympa, et quand arrive le dimanche soir, on est toujours un peu tristes de se quitter. Dès mars ou avril, on ressent la même excitation en vue du prochain festival. Avignon à l’Unisson prépare vos interviews, les retranscrit, les diffuse sur les réseaux sociaux, crée des capsules… On a un très bon retour, avec déjà plus de 50 % de réservations à la mi‑août pour un petit festival d’humour perdu dans les terres. On a 350 sièges à remplir chaque soir : ce n’est pas anodin, et on est loin des petites salles de 50 ou 60 places des cafés‑théâtres. Ce festival est une véritable fenêtre pour vous, et un vrai challenge pour Anthony Joubert, avec cette année des artistes aux belles carrières comme Alexandre Pesle ou Anthony Kavanagh. Le festival permet d’échanger, d’être hébergés ensemble, de partager les repas avec des pointures du métier : attachés de presse, professionnels de la communication, les deux Anthony, Alexandre… Il y a une vraie émulation pendant toute la durée du festival. Comment abordes‑tu ce tremplin ? Stress, challenge ?
Lisa : Là, tout de suite, je l’aborde avec beaucoup de plaisir. Ce genre d’opportunité permet de faire plusieurs festivals de stand‑up. Et puis je ressors du cinéma : j’ai un rôle principal dans un court‑métrage sélectionné dans plusieurs festivals, dont Milan, qui s’appelle Le Tue Milana Trente. Pendant ce festival, j’ai présenté le film, j’ai vu ma grosse tête sur grand écran ! Ce que je retiens des festivals, ce sont surtout les soirées où l’on échange avec le public, où il y a des rencontres. Pour moi, il y a la scène et le hors‑scène : on partage, on rencontre, on vit des expériences. Et puis partir un peu plus loin de chez moi… Là, on est à deux heures de Paris, mais je sais que c’est un week‑end où l’on va passer de bons moments, faire autre chose que ce que je fais d’habitude, élargir ma palette. Je sortirai d’une tournée, et quelques jours avant le festival, je me poserai plusieurs questions : comment attraper le public ? comment être efficace ? comment s’organiser ? On essaie de marquer le public : « Oh, la petite là, on ne la connaît pas, mais elle est géniale ! » L’idée, c’est de les marquer d’une façon ou d’une autre, par mes deux passages ou par une blague en particulier.
REC : Concernant ton humour, il est sans filtre ?
Lisa : Oui, et j’aime bien aborder des sujets dérangeants. L’humour, c’est ça. J’aime aborder des thèmes liés à la sexualité : c’est récurrent dans mes sketchs. J’aime surprendre, et souvent le public me dit : « D’un petit bout de femme comme vous, on ne s’attend pas à ça ! » Je suis une petite femme avec une petite voix, mais avec des propos déroutants. Quand je joue, ma voix est plus aiguë, enjouée, presque enfantine : ça surprend encore plus. Mais je fais attention à ne pas tomber dans la vulgarité : je reste dans le dérangeant, mais avec élégance.
REC : On est plutôt dans la quotidienneté, avec un côté piquant, où tu viens chatouiller les tabous que l’on a tous plus ou moins.
Questionnaire de Proust – Version Provençale
REC : Quel est le défaut dont tu aimerais te débarrasser ?
Lisa : Ne pas savoir dire non
REC : Quelle est la qualité que tu aimerais avoir ?
Lisa : pousser des coups de gueule
REC : Quelle est la personne vivante ou décédée que tu aimerais rencontrer ?
Lisa : Maya Angelou
REC : Si ta maison brûle, que sauves‑tu en premier ?
Lisa : Mes deux caisses à souvenirs que je trimballe depuis trente ans
REC : À qui aimerais‑tu dire pardon ?
Lisa : ma grand-mère
REC : Quel animal serais‑tu ?
Lisa : un ouistiti
REC : Plutôt quelle couleur ?
Lisa : le rouge
REC : Un des quatre éléments ?
Lisa : le feu
REC : PAC à l’eau ou piscine ?
Lisa : Piscine
REC : Ricard ou Pastis 51 ?
Lisa : Ricard par mon papa
REC : Campagne ou Paris ?
Lisa : Campagne
REC : Cigale ou silence ?
Lisa : Cigale
REC : Dans quel lieu emblématique aimerais‑tu jouer ton spectacle ?
Lisa : l’Olympia juste pour faire plaisir à ma maman
